Nouvelle n°6 : La solitude de Lord Mackenzie

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Nouvelle n°6 : La solitude de Lord Mackenzie

Message  Perle le Mer 26 Oct 2011 - 20:11

A toutes les amatrices de highlanders, voici une incursion chez les frères Mackenzie !


La solitude de Lord Mckenzie


Octobre 1894, au Nord de l’Ecosse.

Julia sentait la pluie froide couler le long de ses reins. L’orage qui venait d’éclater avait considérablement alourdi sa robe et c’est avec beaucoup de peine qu’elle arriva enfin à une auberge. Julia prit le gros anneau en fonte entre ses doigts. Le métal lourd et glacé lui brûla les doigts déjà engourdis par le froid mordant des hautes terres écossaises. Elle frappa à la porte. Une femme au visage rougit, vint lui ouvrir avec sa grâce coutumière :

-C’est pourquoi ?

-Le cocher de la diligence de poste m’a recommandé votre établissement et je voulais savoir s’il vous restait une chambre Madame ?

-Le cocher vous a bien renseignée ma p’tite mais avec le temps qu’il fait, toutes les chambres sont occupées et même l’écurie et l’étable sont complètes. Vous pouvez rester sous le porche si vous le souhaitez.

-Merci Madame.

Julia resta un instant derrière la porte qui venait de se refermer sur elle. Elle repensa à cette onde de chaleur qui l’avait conduite peu à peu sur ces terres hostiles. Elle avait traversé l’Angleterre du Sud jusqu’au Nord sans en connaître la raison mais avec la certitude que celle-ci lui apparaîtrait dès son arrivée qu’elle ignorait aussi d’ailleurs. Elle s’assit sur le banc et glissa sa valise à ses pieds. Elle revit son père mourant, lui dire qu’il était navré de n’avoir pu assouplir les relations si difficiles qu’il avait entretenues avec son cousin. Edward, aujourd’hui héritier de Manborough House, l’avait chassée sans aucune convenance et lui avait notifié son indifférence quant à son devenir. Tiré de ses pensées par une bourrasque de vent, Julia essuya une larme qui roulait sur sa joue et décida de se remettre en marche dès la pluie cessante. Toujours bercée par cette onde qu’elle sentait bienveillante, elle marcha un long moment et s’arrêta à l’entrée de ce qui lui semblait être un cimetière. Julia poussa la grille, qui curieusement, même battue par les vents, n’était pas aussi glacée que l’anneau de l’auberge. Elle suivit son instinct et stoppa son élan devant une tombe où elle pu lire grâce à la lune pleine : « AnnMckenzie, Duchesse de Kilmorgan, notre mère bien aimée »

Hart Mckenzie, actuel Duc de Kilmorgan, debout devant la cheminée, dégustait un whisky. Une fois encore la noirceur de son caractère avait fait son œuvre. Mary, sa maîtresse du moment, en avait les frais. Il l’avait traitée avec mépris et arrogance lors du dîner. Hart ne regrettait pas son attitude, cela lui avait permit de s’en débarrasser alors que la tempête, elle, lui avait flanqué cette donzelle pendant au moins les trois jours à venir. Hart posa son verre sur la table et se dirigea vers la fenêtre, songeant à ces stupides festivités d’Halloween. La lune était belle et rayonnait sur le haut de la vallée laissant danser les ombres de la nuit. Avec incrédulité, il pressa son visage contre le carreau afin de s’assurer que ce qu’il vit dehors n’était qu’une ombre parmi tant d’autres. Agacé par cet inconnu qui s’aventurait sur ces terres, il fit venir son majordome.

-Amenez-moi mon manteau, je sors !

Ne laissant finalement pas le temps au majordome de répondre, Hart poussait déjà les vantaux de Kilmorgan. Le froid glacial lui cinglât le visage. Il couru jusqu’au cimetière où il avait vu cette petite forme bien réelle. Hart était grand, puissant et plusieurs de ses maîtresses lui avaient avoué leur craintes de ce grand corps. Sans réfléchir, Hart poussa violemment les grilles du sanctuaire et marcha avec détermination jusqu’à cette femme.

Julia entendit des pas précipités derrière elle et se retourna vivement. Voyant ce mur masculin se dresser devant elle, elle prit peur et se recula. Hart s’avança de nouveau et Julia recula encore la baignant encore de plus de lumière.

Hart, contrarié de la peur qu’il dégageait en cet instant mit une main en avant comme pour apaiser la crainte de la jeune femme :

-Non n’ayez pas peur, je ne vous ferai pas de mal !

Devant le silence de la jeune femme, il regarda autour de lui comme pour inviter la jeune femme à constater qu’un tel temps n’était pas propice aux sorties. Julia se redressa et toujours sur ses gardes lui répondit :

-Je n’ai rien abîmé Monsieur !

-Je n’en doute pas mais qu’êtes vous venu faire ici par un temps et une heure pareils bon sang ?

La brusquerie de cette question saisit Julia qui se raidit.

-Pardonnez la brutalité de mes propos, encore une fois je ne voulais pas vous faire peur. Il vit la jeune femme trembler sur ses jambes. Madame, vous êtes manifestement épuisée et je ne puis vous laisser seule ici, aussi n’avez-vous pas d’autre choix que de me suivre jusque chez moi où vous serez mon invitée jusqu’à un temps plus clément pour les voyageurs.

Julia voulu réfuter cette invitation mais senti cette onde de chaleur qui cette fois-ci obligea ses jambes à céder sous son poids.

Hart voyant ce petit corps fléchir, se précipita sur elle

-Mais Nom de Dieu, depuis combien de temps marchez-vous sous cette pluie ? Il souleva Julia avant que celle-ci ne se blesse sur le granit froid des sépultures. Il enverrait quelqu’un récupérer la valise plus tard.

Au contact de la jeune femme, Hart se senti mollir. Le poids de Julia n’en était en rien la cause mais bon sang le regard émouvant de cette jeune femme lui fit perdre sa solidité légendaire et c’est commandé par une impression indéfinissable, qu’il resserra son étreinte. Julia ne le quitta pas des yeux. Hart se demanda si c’était la lune qui faisait couler de l’or en fusion dans le regard de sa protégée et hâta son pas pour vérifier leur éclat à la lumière du château. Hart frappa, à grands coups de pieds, à la porte. Celle-ci s’ouvrit rapidement sur le majordome à qui Hart demanda que l’on prépare rapidement un bain et une chambre près de la sienne. Le majordome surpris de cette arrivée inattendue proposa l’assistance de Morag, l’intendante de Kilmorgan. Hart s’empressa de couper court

-Non, je vais l’installer près de moi dans la bibliothèque et prévenez-moi dès que Madame pourra prendre son bain !

Hart s’assit sur la bergère de la bibliothèque. Il tira la fourrure sur lui et réalisa à cet instant qu’il n’avait pas lâché la femme, qui elle, le regardait toujours de son regard intense. Tant mieux, il la garderait avec lui. Comme pour ne pas briser la magie de cet instant, il s’adoucit la voix :

-Puis-je vous poser certaines questions ?

-Oui

-Curieusement, je ne sais pas par laquelle commencer. Il la senti bouger et comme une évidence, lui demanda : Puis-je vous garder contre moi Madame?

-Oui

Rassuré par son désir aussi pressant que le sien de vouloir rester dans ses bras, Hart arrangea la fourrure sur leur deux corps. Décidément, les Mckenzie ne faisaient rien dans les règles.

-Etes-vous bien là ?

-oui

-Bon sang, j’ai des tas de questions ! Comment vous appelez-vous ? Qu’êtes vous venu faire dans ce cimetière sous cette pluie et à cette heure ? Pris soudain par la crainte que la tempête ne cesse et ne permette à la jeune femme de repartir, il raffermi encore ses bras.

Julia senti les roulements de ses muscles se refermer sur elle et perçu cette onde de chaleur, qui l’avait menée jusque là, l’envahir tout entière.

-Je m’appelle Julia et je craints Monsieur, que les raisons qui m’ont conduites ici, vous paraissent bien obscures. Le cousin de feu mon père m’a chassée sans commodité.
Hart senti la violence, que lui inspira cet individu, lui crisper les muscles et Julia qui s’en rendit compte posa sa main délicate sur son torse tout en continuant son récit.

-Un matin, avant l’échéance de mon déménagement, j’ai ressenti le besoin de partir mais sans savoir où. J’ai suivi mon instinct qui lui fut guidé par une sorte de chaleur qui venait par vague. Je suis arrivée à l’auberge où la tenancière me disait ne plus avoir de chambre pour enfin arriver sur la tombe sur laquelle vous m’avez trouvée. Mais j’admets être perdue car j’ai l’impression d’être arrivée au bout de ce voyage.

-Cela vous paraît-il dommageable Julia, que ma demeure soit la fin de votre voyage ? Pitié se dit-il, faites que la promptitude de mes employés à exécuter leurs tâches, me laisse cette fois-ci le temps d’entendre sa réponse !

-Non Monsieur, c’est juste que désormais je doive en comprendre le sens.

La porte s’ouvrit sur le majordome, l’air contrit de déranger cette scène :

-Les bain et chambre de votre invitée sont prêts Votre Grâce. Nous avons suivi vos désirs de loger Madame près de vos appartements ! Votre Grâce souhaite-t-elle que nous l’y conduisions ?

Les volets claquèrent brutalement, Hart congédia son employé et reporta son regard vers celui de Julia. Pour répondre à la question qu’elle devina, elle le pria de ne pas la laisser seule, faisant fi de ce qu’aurait pu dire ses parents quant aux règles de bienséance.

Hart, qui n’avait pas l’intention de lâcher Julia, gravit les escaliers et ordonna au passage qu’on les laissa tranquilles. La pièce était embuée et Hart senti un désir violent poindre entre ses jambes quant à Julia ce n’était assurément pas la chaleur qui lui durcissait les mamelons. Il consenti enfin à la poser par terre et entreprit ? Sans lui demander cette fois, de la déshabiller. Laissant ses mains s’attarder sur sa peau fine, Hart défit les lacets du corset. La pluie avait laissé une odeur fraîche et il s’en grisa. Julia frissonna et il la conduisit vers l’eau chaude. Surpris par la douceur que cette femme lui inspirait, il repensait à la légende que sa mère lui avait narrée autrefois : « L’amour de ta vie Hart viendra à toi et sera guidée par la chaleur que ce sentiment lui inspirera ! » Il aida Julia à s’allonger dans l’eau et à la vue du corps parfait de Julia, son désir se fit le plus violent qu’il eu jamais ressenti et banni toute formalité entre eux deux :

-Me permettez-vous de vous laver mon ange ?

-Je craints, Monsieur, qu’en acceptant, je ne puisse plus repartir même après la tempête et ne voudrais pas paraître comme étant une invité dont on se sait plus que faire ! Mais déjà Hart la caressait et il eu raison de ses dernières résistances.

A genoux, Hart plongea sa main entre les cuisses de Julia qu’il sentit gémir. Longtemps, ils se regardèrent, Hart, à l’affût des émotions de celle qu’il aimait déjà, continuait de la caresser tout en lui racontant la prophétie dont sa mère lui avait fait part et qu’il renia jusqu’à ce qu’il touche Julia. Mais les sentiments qu’il ressenti au contact de la jeune, lui parurent clairs. Serait-elle effrayée d’entendre si soudainement une demande en mariage ? De toute façon, de gré ou de force, s’il le fallait, il la garderait toute sa vie et il s’entendu dire :

-Voulez-vous m’épouser ? Comme pour diluer ses propos et par crainte du refus, il ajouta : j’ai conscience que cela peut sembler déraisonné mais je vous aime déjà Julia. Les Mckenzie sont ainsi, nous nous sommes toujours fiés à notre instinct comme vous, vous êtes fiée au votre pour venir jusqu’à moi et je refuse de croire qu’il n’y en cette rencontre aucun signe du destin, alors par pitié épousez-moi, ne m’abandonnez pas ! J’ai connu plus de bonheur en vous tenant dans mes bras ces quelques instants, que toute ma vie durant…Par pitié dit-il d’un ton plaintif.

-Oui, peut être suis-je folle mais je vous aime aussi même si je ne connais pas encore votre prénom.

-Oui bien sur, je m’appelle « Mon Amour » Puis je vous embrasser Madame la Duchesse de Kilmorgan?

-Oui « Mon Amour »

Fin
avatar
Perle
Chroniqueuse mondaine
Chroniqueuse mondaine

Messages : 2942
Date d'inscription : 22/02/2011
Age : 28
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Re: Nouvelle n°6 : La solitude de Lord Mackenzie

Message  guizma le Mer 26 Oct 2011 - 20:52

ohhh que c'est beau!!!! un peu court mais si romantique et paranormal! bravo à l'auteur de cette nouvelle!

j'aimerais connaitre les 2 personnages en lisant le roman. Il faudra donc, par la suite, me dire de quel livre julia et hart y sont tirés.
avatar
guizma
Chroniqueuse mondaine
Chroniqueuse mondaine

Messages : 2240
Date d'inscription : 28/12/2010
Age : 39
Localisation : bouche du rhone

Revenir en haut Aller en bas

Re: Nouvelle n°6 : La solitude de Lord Mackenzie

Message  ninou-lilou le Mer 26 Oct 2011 - 21:01

J'aime beaucoup la fin

-Oui, peut être suis-je folle mais je vous aime aussi même si je ne connais pas encore votre prénom.

-Oui bien sur, je m’appelle « Mon Amour » Puis je vous embrasser Madame la Duchesse de Kilmorgan?

-Oui « Mon Amour »


De quelle série de MacKenzie s'agit-il ? Je ne crois pas connaitre celle-ci
avatar
ninou-lilou
Chroniqueuse mondaine
Chroniqueuse mondaine

Messages : 9861
Date d'inscription : 12/09/2010
Humeur : “You take care of my cop, body and soul.”

Revenir en haut Aller en bas

Re: Nouvelle n°6 : La solitude de Lord Mackenzie

Message  ysalia21 le Mer 26 Oct 2011 - 21:19

Super! J'avoue qu'après le dernier mot, je me suis dit : "Il faut une suite! Ca ne peut pas s'arrêter là, c'est trop court".
avatar
ysalia21
Reine de la saison
Reine de la saison

Messages : 444
Date d'inscription : 15/10/2011
Localisation : Quelque part entre une pile de livres... et une autre

Revenir en haut Aller en bas

Re: Nouvelle n°6 : La solitude de Lord Mackenzie

Message  janeeyre le Mer 26 Oct 2011 - 22:39

Est ce que l'on a le droit de répondre aux questions dans les commentaires?

janeeyre
Reine de la saison
Reine de la saison

Messages : 252
Date d'inscription : 20/10/2011

Revenir en haut Aller en bas

Re: Nouvelle n°6 : La solitude de Lord Mackenzie

Message  guizma le Jeu 27 Oct 2011 - 6:35

oui, je pense qu'il n'y a pas de souci
avatar
guizma
Chroniqueuse mondaine
Chroniqueuse mondaine

Messages : 2240
Date d'inscription : 28/12/2010
Age : 39
Localisation : bouche du rhone

Revenir en haut Aller en bas

Re: Nouvelle n°6 : La solitude de Lord Mackenzie

Message  janeeyre le Jeu 27 Oct 2011 - 7:31

Hart Mckenzie est le Duc de Kilmorgan.

Le personnage est originaire de la saga des frères Mckenzie. J'ai lu les deux premiers que je vous recommande vivement d'ailleurs ("la folie de lord Mckenzie" et " l'épouse de lord Mckenzie")

C'est une saga de 4 frères et seules les romances des plus jeunes ont été à priori éditées en Français.

janeeyre
Reine de la saison
Reine de la saison

Messages : 252
Date d'inscription : 20/10/2011

Revenir en haut Aller en bas

Re: Nouvelle n°6 : La solitude de Lord Mackenzie

Message  Réglisse le Ven 4 Nov 2011 - 17:25

Jolie romance entre deux êtres qui au premier regard savent qu'ils sont faits l'un pour l'autre
avatar
Réglisse
Danseuse émérite
Danseuse émérite

Messages : 98
Date d'inscription : 27/10/2011

Revenir en haut Aller en bas

Re: Nouvelle n°6 : La solitude de Lord Mackenzie

Message  Linda le Mar 8 Nov 2011 - 11:53

Hello Janeeyre,

Pas facile de rentrer dans l'atmosphère ténébreuse des frères Mackenzie. Malgré quelques répétitions et des phrases non finies, tu t'en es bien sortie !
Bravo pour l'exercice.

Il y a une phrase qui m'a fait beaucoup rire :"Au contact de la jeune femme, Hart se sentit mollir. Le poids de Julia n’en était en rien la cause " Mince, heureusement qu'elle n'en était pas la cause ! !

Ce que je trouve dommage, c'est la rapidité de ton développement. Cependant, ce n'est pas facile de vouloir aller jusqu'au bout d'une romance en une nouvelle.

Amitiés

Linda
avatar
Linda
Lady Romancière
Lady Romancière

Messages : 637
Date d'inscription : 29/08/2010
Localisation : Loin...
Humeur : Zen attitude

http://lindasaintjalmes.wix.com/linda-saint-jalmes

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum