Kramer contre Kramer de Avery Corman

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Kramer contre Kramer de Avery Corman

Message  Attila le Ven 11 Déc 2015 - 19:25

Kramer contre Kramer 
de Avery Corman



Résumé: Joanna Kramer est partie. Pour être libre, a-t-elle dit, pour exister...
Et Ted Kramer se retrouve seul, en tête à tête avec le petit Billy, quatre ans. Un fils qu'il connaît à peine... A New York, un publicitaire n'est-il pas toujours
sur la brèche ?
Voici Ted aux prises avec la vie pratique dont il ignore tout: la garde à trouver, la bronchite à soigner, les jeux à inventer. Dominant son ;désarroi - il aime encore Joanna - il va faire front, émerveillé par cette découverte: son fils. Drôle, sensible, surprenant...
Un jour, Joanna réapparaît: pour reprendre Billy, au nom des, sacro-saints droits maternels. Mais qu'est-ce que ces «droits» face à deux ans de tendresse entre un père et son fils ?
Joanna prend un avocat…

Source : J'ai Lu

Sortie: année 1980 chez J'ai Lu


Dernière édition par Attila le Ven 11 Déc 2015 - 23:55, édité 1 fois
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Re: Kramer contre Kramer de Avery Corman

Message  Attila le Ven 11 Déc 2015 - 23:37

Voilà une histoire à la fois tendre et déchirante face à laquelle on ne peut pas rester insensible. En effet on vit à travers ce roman une bouleversante et véritable bataille entre sexes du couple Kramer.

Les Kramer c'est tout d'abord Joanna, jeune femme de 32 ans ayant arrêté de travailler pour élever son enfant. Son mari Ted lui est un publicitaire s'approchant de la quarantaine. Billy enfin est leur fils unique âgé tout juste de 4 ans au moment où sa mère décide de les quitter. 

Dés les premières lignes l'auteur nous fait prendre conscience du fossé existant entre ce couple. Ils ne sont pas du tout sur la même longueur d'onde, n'ont pas la même vision de la vie ni les mêmes attentes. C'est un véritable dialogue de sourds qui s'installe et c'est dramatique de constater comme ils ne se comprennent pas.

Ted est un mari et un père dévoué, affectueux, fidèle et responsable. Il ne rêve que d'avoir sa propre famille merveilleuse avec femme et enfants. Ils ressembleraient à une "affiche de publicité" comme il aime à le penser. Ca serait pour lui une revanche sur toutes les vieilles souffrances qu'il a enfouies – parce qu’il n’est pas très séduisant, parce que ses parents l’ont toujours brimé, parce qu’il a dû se bagarrer pour en arriver là. Ted est un homme adorable qui aime sa femme mais il idéalise son mariage et se ment à lui-même en se voilant la face. Il est devenu malgré lui le pilier d'une famille bancale et non du merveilleux petit empire idyllique dont il rêvait.

 Il bâtissait un château de sable sur un terrain marécageux.  

Joanna est égoïste, irresponsable et immature. C'est une femme qui a été trop choyée dans sa jeunesse et qui à présent s'ennuie dans sa vie de femme mariée et de maman. C'est une vie qu'elle déteste, qui l'étouffe et la prive de liberté. Quand elle ne s'ennuie pas elle s'énerve sur Billy, se montre impatiente et méchante. Elle regrette sa jeunesse, a l'impression qu'on ne la voit plus, de disparaître au profit de son enfant. Sa plus grosse erreur aura été d'épouser un homme qu'elle n'aime pas et de lui avoir fait un enfant. Elle est instable, inconsciente et ne mesure pas vraiment (j'espère) le mal qu'elle fait et fera à son mari et son fils. Lorsqu'elle les abandonnera, ses derniers mots pour lui seront qu'il ne la comprend pas, ne l'entend pas, qu'elle veut vivre pour elle et seule. De toute façon et selon ses dires, les Féministes l’approuveront ! 

A son fils elle laissera une simple lettre, lui expliquant que maman est partie trouver des choses intéressantes à faire pour elle-même, qu'elle doit trouver sa voie, qu'être sa maman était une de ces choses mais qu'il y en a d’autres et qu'elle doit les chercher. Qu'elle doit partir pour devenir une vraie personne, celle qu'elle devait être. 

Honnêtement c'était une lecture très éprouvante portée par une écriture juste mais mordante et qui vise droit au coeur. Le fait que l'auteur Avery Corman soit un homme s'en ressent dans le style d'écriture incisif et en rend à mon sens encore plus passionnant et percutant le texte ainsi que le personnage de Ted - le représentant de la paternité. Parce qu'en fait il est question de cela ici, le duel Ted Kramer contre Joanna Kramer est, en réalité, celui de la paternité contre la maternité, de la responsabilité totale contre la liberté par la fuite.

Après le départ de Joanna qui lui laisse la garde de Billy on assiste impuissants à la lutte acharnée que Ted devra livrer pour subvenir seul aux besoins de son fils. C'est un homme, un père, un fils et un ami formidable qui pendant 2 ans (durée de l'absence de son ex-femme) fera tout son possible par amour et dans l'intérêt de son enfant. Il subira les rudoiements de ses parents et beaux-parents "Qu’est-ce que tu lui as fait ?", "Comment ? tu l'as laissée te quitter ?", parce que forcément de leurs points de vue c'est lui le fautif de ce mariage raté. Selon eux il n'a aucune considération pour eux et les a bouleversés. Bref, c'était affligeant d'être le témoin de ce qu'il devra supporter de la part de ses proches censés le soutenir dans cette épreuve. 

Ce sera difficile mais peu à peu il va apprendre à s'occuper pleinement de son fils, prendre ses repères et vivre plus sereinement malgré ses soucis financiers et autres. Billy est un enfant qui s'est adapté au départ de sa maman. Il est heureux, équilibré, gentil, doux comme son père et bien entouré (Ted, sa gouvernante, ses copains, amis et famille de Ted).

Le retour de Joanna qui pendant ces 2 ans s'est payée du bon temps menace de faire exploser ce fragile équilibre que Ted a réussi à instaurer. Un procès douloureux s'ensuit, où tous les coups seront permis. Toujours dans le souci de préserver son fils Ted décidera de ne pas dire à Billy qu’il est l’enjeu d’une lutte judiciaire entre ses parents. Le terrible jugement qui sera rendu ne donne qu'une envie, celle de jeter son livre par la fenêtre, de crier à l'injustice et d'envoyer aux orties la notion de jurisprudence.

J'ai trouvé le personnage de Joanna vraiment complexe à appréhender (j'ai renoncé cependant à la comprendre et à accepter son comportement). J'ai essayé de faire fi du monstre qu'elle est (elle se définit elle-même ainsi), de mon aversion et du profond ressentiment qu'elle m'inspire, et dans un sens j'y suis parvenue. On a droit à de rares passages de son point de vue et on ne peut pas ignorer sa profonde détresse. Elle commettra de graves erreurs, fera beaucoup de mal autour d'elle, est égoïste, méchante, instable, pas fiable et irresponsable mais elle n'en reste pas moins un être humain en grande souffrance intérieure et qui a besoin d'aide.  

Jusqu'aux dernières pages j'ai retenu mon souffle en craignant une issue qui serait défavorable à Ted Kramer. Le suspense et les enjeux sont insoutenables et tout le mal qui va être fait est révoltant. 

Le plus important à mon avis et ce qui m'a le plus interpellée lors du procès est le fait que Joanna ne pense qu'à elle. Elle veut son enfant donc elle prend. Elle estime qu'il lui revient de droit parce qu'elle est la figure maternelle. Ted lui fait toujours passer les intérêts de Billy avant les siens, est soucieux de ce qui est pour le mieux pour son fils. Il est certes la figure paternelle, mais cela ne le défini pas. Il est bien plus que cela. Il est un père aimant, une présence rassurante et fiable. Celui qui s'est occupé et débrouillé seul sur le tas de ce petit bonhomme, sa "petite gueule de cacahuète à lui" pendant 2 ans. Celui qui s'est inquiété de ses bobos, a organisé les fêtes d'anniversaire avec les copains, l'entrée à la grande école... a tout géré. Lui il était là et sera toujours là pour Billy, qu'il soit un homme ou une femme importe peu (à mon sens en tout cas). Il est un roc inébranlable concernant son fils et un homme formidable qui mérite de mener enfin une vie plus sereine.

Lors du procès, dernière question posée à Ted:
— Pourquoi désirez-vous garder l’enfant ?
— Je n’ai aucune illusion et je n’attends aucune reconnaissance de mon fils. Je veux simplement vivre avec lui, comme je l’ai fait jusqu’à présent, parce que je l’aime.

Vous l'aurez compris cette histoire m'a beaucoup émue. Je garde l'espoir que de nos jours la situation ait évolué (cette histoire a plus de 30 ans) et soit plus souple en matière de droits paternels. Je le pense et suis optimiste. 

Ma notation: 3.75/5


NB: je m'excuse pour l'avis sans fin, j'ai pourtant vraiment essayé de condenser.  Rolling Eyes
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